Des idées à débattre

Voilà trente ans que Genève dépérit, se dégrade, se consume. Fi des grandes et généreuses réflexions des années 50, d’un architecte cantonal, de la mise à jour des plans directeurs cantonaux, d’un thème fédérateur…
Nos élus ne pensent plus qu'à faire de la politique, ils en oublient leur rôle et leur fonction première, assurer le développement de La Genève. Ils ne réagissent que dans l’urgence, avec des décisions qui engagent systématiquement des rapports de force. Normal, leurs prédécesseurs leur ont mâché le boulot. Tout était prêt pour le XXIe siècle, il fallait juste continuer de bien graisser la machine et d’y ajouter les nouveaux modules, mais encore fallait-il avoir le savoir-faire.
20 ans de juriste au département de la construction, ex-DTP, ex-DAEL, futur ex DCTI,  et voilà le résultat, un manque cruel de logement, des surfaces de bureaux à n’en plus pouvoir, une ville vidée de son essence, des réseaux saturés, une tension clairement perceptible et une résistance du citoyen qui se mue en opposition permanente. Sans parler de la situation d’endettement dans laquelle nous nous trouvons. Quel beau tableau !
Lassé d’envoyer ces projets et réflexions qui n’ont aucun échos en retour, les voici en libre accès au plus grand nombre. Le temps fera le reste.
Vendredi 3 novembre 2006
Pourquoi un journal d’urbanisme genevois ?

La formidable expansion de la médiévale Genève a définitivement modifié sa morphologie en moins de 50 ans.
Pourtant le citadin genevois semble avoir perdu la mémoire, il ne regarde sa ville que dans l'instantané. Il  a oublié que l’autoroute Genève-Lausanne fut livrée en 1964, que l’ensemble du Lignon reçut ses premiers habitant en 1965, que l’agrandissement de l’ONU date de 1973.
Hormis le cœur de la cité, la majeure partie des installations et constructions qui agrémentent notre petit territoire est très récente, ce que l'on appelle les trentes glorieuses, 1945-1975.
Le développement de notre cité est loin des projections de l’époque qui prévoyaient une Genève à 800’00 habitants pour l’an 2000 et pourtant les limites de la ville ne sont déjà plus clairement visibles. On parle de zone périurbaine, sub-urbaine, de banlieue franco-genevoise et au-delà du monde rural, de la campagne, du Genevois.
Du village où tout le monde se connaissait, nous voici plongé dans la cité où nous sommes tous anonymes même si le regard de l’autre est omniprésent. Il en découle que nos références ancestrales sont bouleversées, les repères civiques manquent, les règles et coutumes citoyennes sont transgressées.
Avec une répartition nationale des habitants qui occupe à plus de 70 % les secteurs urbains, il est urgent de parler de ce nouveau mode de vie communautaire qui génère de l’urbanité et de tenter d’en décrire les constituants.


Et d’abord qu’est-ce que l’urbanisme ?

Selon le petit Larousse, c’est la science et les techniques de l’organisation et de l’aménagement des agglomérations, ville et villages.
On pourrait donc dire que cette science apporte des réponses techniques à des problèmes de vie communautaire, comme le rond-point, la gestion des déchets ou l’entretien des espaces publics, mais cela resterait trop réducteur.
On pourrait dire aussi que c’est une projection de la ville idéale à jamais achevée car en perpétuelle modification culturelle mais on deviendrait trop philosophe.
En fait, l’urbanisme fait partie de ces nouveaux métiers qui se décline en plusieurs branches, la sauvegarde du patrimoine, l’aménagement du territoire, le paysagisme, le management urbain
Il est une science et il s’appuie le plus souvent sur des faits historiques. Il tente d’actualiser les règles communautaires avec le contexte social présent et parfois futur. Il propose des interventions qui utilisent les techniques de gestion et d’organisation modernes sans en oublier l’esthétique. Il a trait à la sociologie, à l’ethnologie, à l’archéologie, et toute science qui place l’activité humaine au centre des débats

L’urbanisme est donc l’expression d’une organicité sociétale et la ville est son sujet.


Est-ce que l’urbanisme s’applique à Genève ?

Là est la question.
Par upbdp - Publié dans : bouchedo
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Stéphan Bonvin
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